Affichage des articles dont le libellé est Inde. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Inde. Afficher tous les articles

21.1.10

Si pas le train... essayons le bus!

Si vous avez pris le temps de lire le mode d'emploi du train en Inde... vous avez peut-être conclu en vous disant "Mais pourquoi se sont-ils entêtés avec ces trains????"
(façon Sganarel "Mais qu'allait-il faire dans cette galère?" dans Molière)

Mais parce que les bus.... C'est pire!!!

Où prendre le bus ?
Si vous êtes un occidental, ou si vous êtes un Indien pas du coin (et quand on dit pas du coin, on veut vraiment dire "pas du coin", genre pas du kilomètre carré!)
vous ne pouvez le prendre qu'à la gare routière.
Ah c'est sûr ça limite les possibilités. Mais comme il n'y a pas (MAIS PAS!) de panneaux signalisant les arrêts... on voit mal comment faire autrement.
Ensuite il faut faire le distingo entre la gare routière des bus gouvernementaux et celle des bus privés. Et évidemment, c'est rarement au même endroit!
Pourquoi se compliquer la vie? Parce que vraiment, mais alors VRAIMENT, les bus privés sont incomparables! (et pourtant, ils seraient classés dans la catégorie des bus juste corrects dans nos contrées de l'ouest)

Prendre un ticket?
A bord du bus directement le plus souvent. Du moins pour les bus gouvernementaux.
Le métier que vraiment on ne voudrait pas faire : contrôleur dans un bus gouvernemental en Inde. Surtout quand le bus est blindé et qu'il faut remonter l'allée pour aller faire payer son ticket au gars qui est à cheval sur le marchepied et la route... surtout dans le sud où la température n'aide pas (et évidemment ils ne sont pas climatisés! On reviendra sur les conditions de confort plus tard)
Mais ça peut aussi se réserver. D'ailleurs, dans certains cas, c'est préférable. Ça vous assure (normalement) une place assise pour le moins!
Où on les prend... Évidemment directement à la gare routière ou sinon par des agents de voyages, mais c'est beaucoup plus simple quand vous êtes dans le bon État... En dehors de l'État concerné, faut connaître le Super Agent de voyages!
Pour les bus privés, vous pouvez essayer internet... il y a certaines compagnies qui ont des sites presque bien faits. Mais pour un Goa - Shimoga par exemple, il faut savoir quel est le terminus!


Combien ça coûte?
Ah... pas cher! Mais comme le dit si bien l'adage, on en a pour son argent!
Un trajet de 350 km comme celui de Goa à Shimoga c'est 450 roupies (environ 6 euros)
Par contre, il ne faut pas être regardant aux conditions de voyage

Conditions de confort?
Bus gouvernementaux:
Fenêtres : en option
Climatisation: vous rêvez?
Place assise: non garantie
Sièges: En cuir sur lequel vous collez ou brûlez en période chaude, non inclinable évidemment (non on ne fait pas les chochottes, quand on doit se taper 12h de trajet avec seulement un arrêt... le siège inclinable on apprécierait sans faire les stars!)
Toilettes: ah oui! à la pause pipi (1) dans les "commodités" de l'équivalent d'un resto-route qui en fait ne fait pas resto.. on y trouve des chips, des beignets, des trucs ultra épicés et pas ultra safe niveau hygiène!
pause repas: on vient d'en donner les grandes lignes. Généralement, soit on s'abstient, soit on a pensé à emmener son pique nique!
Bagages : Sur ou sous vos genoux la plupart du temps, si vous occupez un siège avec (dans notre cas c'était impossible de faire autrement: 2 sacs à dos même empilés l'un sur l'autre... personne ne s'assoit dessus!)1 fois sur 3 on vous fera payer le prix d'un ticket de voyageur. Quand la soute à bagages existe, vous vous demandez tout le long du trajet si les sacs ne vont pas être expulsés sur le bas côté dans chaque virage.
Lumière: C'est une chambre de torture quand vous êtes dans un bus de nuit. La lumière s'allume à chaque arrêt (c'est à dire toutes les 20mn). Quand la durée entre deux arrêts est plus longues, souvent le conducteur oublie d'éteindre... il s'en rappelle 10 mn avant le stop.
On arrive on est crevés, on est moites et souvent couverts de poussière rouge.
Points positifs: on peut prendre des photos à travers soit la porte (enfin l'emplacement de la porte) ou la fenêtre (idem). Finalement on peut se passer de ventilo dès lors que le bus roule (cf les fenêtres!)


Où descendre?
Heureusement, comme ils sont gentils et qu'ils ont pitié des pauvres occidentaux qui ne connaissent rien au système, ils ont un oeil sur vous et vous font signe. Comme la plupart du temps, vous avez discuté avec une ou deux personnes autour (c'est moins sociable que le train quand même, comme les gens montent et descendent en permanence, on a moins le temps de sympathiser... et puis on est plus serrés donc moins enclins à se faire la causette!) ce sont ces mêmes personnes qui vous rassurent en vous disant que vous descendez dans 4 ou 3 ou 2 arrêts...
Sinon pour eux, c'est le contrôleur qui utilise son sifflet et roucoule à 200 decibels le nom du village!


les horaires
pourquoi serait-ce différent du train? Aucun scrupule à vous faire arriver à 4h du matin au milieu de nulle part!
Le pire .. c'est qu'à minuit, 2h du mat, 4h du mat... il y a des gens qui attendent... au milieu de nulle part... sans panneau pour signaler l'arrêt... pour monter à bord!

Les conditions de sécurité:
Comme les moteurs ne sont pas très puissants, en général on ne va pas très vite. Et heureusement!
Sauf dans les descentes!
Et quand on a la chance de conjuguer descentes et virages... là on a un bonus de Space Mountain pour le même nombre dérisoire de roupies!
D'ailleurs vous avez la barre métal de sécurité juste devant pour vous agripper!
Amortisseurs : Pardon? qu'est-ce que c'est? On a oublié! On a laissé nos vertèbres en osselets dans le dernier. Pas moins de 18 sauts (décollage du siège) sur les 2 derniers tiers du trajet!
Alcoolémie: Heureusement on ne l'a appris que le dernier jour, apparemment les chauffeurs ont leur petite bouteille pour se tenir éveillés dans les bus de nuit!
Fatigue: On a pris des bus de 3h, de 6h, de 12h... on a JAMAIS eu plus d'un seul chauffeur!Et au mieux on a fait 2 pauses de 15mn environ!
Pardon! On est mauvaises langues! On a eu un arrêt de 2h environ une fois: pour changer une roue!
Conduite : là il faut coupler la conduite indienne avec la conduite des chauffeurs de taxi ... ben, oui! On sait bien que ça ne se manie pas du tout comme des véhicules légers.... Allez leur dire, vous!

Les bus privés:

climatisation: ok
sièges: inclinables parfois même en position semi-couchette. Certains existent en version couchettes complètes (on n'a pas vu).
Amortisseurs: impeccables. D'ailleurs on vous vend le Volvo AC 4 essieu ou quelque chose du genre!
Conduite: presque pareil!


"Mais alors les sales gosses? Pourquoi ne pas avoir pris les bus privés?"
- Au début, parce qu'on voulait vraiment expérimenter les vrais bus indiens. On a fait ça sur des petits trajets (3h à 6h). A la fin, les "vrais" bus indiens, on n'en voulait plus... mais il n'y avait plus rien d'autre!

Cours de cuisine indienne

Nous avons participé à un cours de cuisine dans la ville d'Udaipur.
Au menu:
- Raïta
- Pakora
- Masala Chai
- Halwa
- Tomate et pomme de terre au curry
Le secret... les épices! toujours les épices!

et le fameux Chapatti...

Le "roulé-boulé" de la pâte ressemble beaucoup à celui de la pâte à pain (selon Paulux qui évidemment fait beaucoup de pains!) mais il faut un peu de dextérité pour la mise en forme.
La partie la plus amusante: le faire gonfler! cf en images...

Vidéo réalisée par des professionnels, ne pas essayer de reproduire l'expérience à la maison sans la surveillance d'un Indien!

7.1.10

Voyages ferroviaires : on vous met sur la voie

Voyager en Inde, c'est toute une histoire... surtout à cause des transports! Hier encore, à bord du train qui nous emmenait
de Cochin à Goa, un couple d'Indiens nous avouait être allés prier Jésus pour avoir ce billet: Cochin:14h30 - Goa: 5h du matin...correspondance ensuite à 9h pour Mumbai, arrivée vers 21h (environ 36h de trajet!). Nous, on n'appelle pas ça un miracle, mais un plan galère!
Mais vous pensez bien que si les Indiens eux-mêmes allument des cierges... c'est qu'on a en a à raconter sur les trains! Et vous verrez, chers compatriotes français, que finalement... la SNCF...!!

Réserver un billet par internet:
Si ça vous tente d'essayer: www.irctc.co.in
1 - impossible de consulter des horaires sans avoir un compte. IL faut le créer. On a fait ça à Agra avec des coupures de courant tous les 1/4 d'heure et une connection à 12 Mo/mn. Vous venez de terminer une page de formulaire: coupure de courant! Vous avez enfin créé votre compte, ça coupe avant que vous ayiez vu les horaires. Prévoir 1/2j pour une recherche simple dans ces conditions! Enfin, simple!... Ce que vous pensez être une recherche simple!...

2- Vous devez sélectionner la ville de départ et la ville d'arrivée...Mais attention, l'orthographe des noms de ville en Inde a changé. Bangalore est devenu Bengaluru. Cochin est devenu Kochi, etc. On pourrait bien sûr se dire que la règle veut que ce soit le nouveau nom qui est toujours utilisé....eh bien non! Toujours l'ancien alors? Non plus!!!! Ce serait trop simple! Des fois le nouveau, des fois l'ancien! Et évidemment plusieurs gares par ville!
3 -Vous devez ensuite choisir la date et la classe. Évidemment, dans le pays des castes... il existe plusieurs classes!
- 1ere AC (air conditionné)
- 1ere
- Couchette 2/3 AC (ah oui! Vous vous demandez ce que c'est 2/3... )
- Couchette 3/3 AC ( dans le même compartiment il y a 2 personnes de plus que dans la précédente)
- Sleeper (ou couchette sans air conditionné_
- Chair AC (fauteuil air conditionné)
- seat (là c'est la jungle....!)
Évidemment, elles ne sont pas toutes disponibles pour un même train, par contre, ça, c'est à vous de le savoir!
4- Vous devez ensuite choisir le type de ticket : e-ticket (on se doute que c'est le billet électronique), i-ticket (là ça se gâte... en quoi c'est différent) ou tatkal... on vous le garde pour la fin et on en reparle de celui-là!
5- La recherche lancée est fructueuse et vous avez peut-être plusieurs propositions...(quelle chance!) un train qui arrive à 3h du matin, un autre qui part à minuit (avec un check out à midi de l'hôtel et un sac de 15kg... on adore!).
Sur les horaires, ce n'est pas DU TOUT orienté pour arranger l'usager. (On est très, très, très loin de la notion de client, notez bien!)
6- vous choisissez un train parmi les différentes options proposées et vous vérifiez la disponibilité (Eh non... la liste des résultats, ce n'est pas QUE ce qui est dispo et qu'ils peuvent vous proposer... c'est ce qui existe en théorie mais que vous avez sûrement râté!)
7- après avoir constaté que les disponibilités sont en "REGRET" (il n'y a rien de chez rien!) ou WL/125 (vous êtes 125e sur la liste d'attente... Quelle est la nuance avec le "REGRET" : le cierge que vous avez allumé!), vous vous rabattez sur une autre option. (Nous n'avons pas encore percé le mystère de la Waiting List. On sait qu'il faut confirmer le jour même du départ mais on ne voit pas comment on peut venir à la gare et bien en repartir en train.)
8 -... s'il n'y a pas de place dans la classe que vous visez à la date souhaitée... vous devez recommencer tout le processus classe par classe, train par train, gare par gare (eh oui... 6 gares à Bengalore par exemple!) : youpi! Pour ceux qui aiment les probas, ça fait un bon problème à mettre au bac!
9 - il se peut qu'il n'y ait aucune disponibilité sur l'ensemble des classes. Là, ça vaut le coup d'essayer le tatkal: en vente seulement 48h à l'avance, c'est un quota de sièges de dernière minute. Mais cette solution n'est pas toujours disponible.. ça dépend des trains!!! Vous payez un bon supplément, mais vous êtes sûr de partir... par contre vous n'êtes pas assuré d'avoir un siège! On a fait le trajet Trivandrum - Cochin comme ça : les Indiens ont les défauts qu'ils ont (parmi lesquels le manque d'organisation et de méthode), mais ils sont si gentils, si sociables... ils vous laissent leur place et s'entassent sur les sièges d'à côté parce que vous descendez bientôt (bientôt = dans 4h!). Ils sont incroyables!
10- Vous n'avez toujours pas votre ticket? Qu'à cela ne tienne. Nous avons encore des solutions!
Le nombre de tickets en vente est limité à un quota par station de départ! Laissez nous vous expliquer en termes simples. Sur la ligne TGV Paris-Montpellier. Point d'origine Paris (gare de Lyon) qui dessert les gares de Massy, Valence etc.
Et bien s'il n'y a plus de place au départ de Massy (VOTRE point de départ) vous pouvez toujours acheter un ticket au départ de Gare de Lyon et préciser que vous embarquez à Massy. Vous paierez évidemment le trajet "Gare de Lyon - Montpellier" Mais au moins vous avez un ticket... Il fallait le savoir! Évidemment, il faut connaître les stations précédentes. Et puis recommencer le processus, classe par classe, point de départ par point de départ, etc...

Et là, sonnent les 12 coups de minuit!!!
Internet ne ferme pas, dites vous???
AHHHH SI!!! En Inde, le site internet d'IRCTC ferme de minuit à 6h du matin. Pour maintenance.... Ben c'est sûr qu'un bordel pareil... ça s'entretient!
(Dire qu'on avait presque le billet!!)

Prendre un billet en gare:
Des fois, il semble inutile de s'acharner. Et en ça, l'Inde est une bonne école pour apprendre à lâcher prise!
Donc Internet, on a laissé tomber pour notre Kochi (Cochin) - Goa. Tout était en Waiting List plus de 100 ou en "regret". On a essayé par des chemins détournés, des correspondances compliquées, on était prêts à embarquer à Kochi pour un trajet payé depuis Delhi!... (on n'a juste pas allumé de cierge!)
Ça s'est terminé au guichet!
Le guichet on a déjà eu plusieurs expériences:
Pondicherry:
Vous faites la queue à un guichet - rappelez vous que la surpopulation est l'un des problèmes majeurs de l'inde et que c'est la 2eme en rang juste derrière la Chine pour une surface un peu moins grande! - Voilà... vous avez compris que la file d'attente peut être un enfer! Surtout par 35 degrés!
Vous demandez le 1er train qui part pour Madurai : complet. Ramesharam ok!
Vous demandez deux places.
Là en France, vous payez, il vous donne vos tickets et on en parle plus, exact?
En Inde... c'est là que ça devient amusant. Il vous donne le numéro de votre train. Comme vous êtes étranger et qu'il est compatissant (C'est une constante, les Indiens sont si gentils!) il vous tend le formulaire nécessaire et vous explique (là c'est peut être un grand mot pour illustrer le concept!) comment le remplir:
Nom des passagers, sexe, âge (oui! vous avez bien lu!!!) et adresse de résidence (si! Celle de Montréal! Si vous mettez l'hôtel dans lequel vous logez, ils vous font recommencer!) en précisant donc le numéro du train qu'on vient de vous donner, la date, l'heure (des fois que...!) et si vous avez une préférence pour le type de siège (comme si on allait faire les difficiles à ce stade là!!!)
Et avec votre petit formulaire bien rempli, vous allez refaire la queue au guichet d'à côté! Ben oui! Ce guichet là c'était juste pour vous dire quelles sont les disponibilités!... D'un autre côté... quand on pense au système informatique très compliqué qu'on vous a exposé juste avant... on peut presque comprendre!
Vous faites la queue, vous tendez votre petit formulaire. Évidemment il y a 5 ou 6 gus qui ont essayé de vous passer devant. Heureusement, quand vous êtes une femme en Inde, vous avez des privilèges. Comme une file spéciale pour ne pas attendre (trop) par exemple!
Le gentil monsieur du guichet vous demande VOS passeports. Puis une copie....des passeports, oui!.... gniark!
Sortir de la gare, trouver un endroit pour faire des photocopies... on est le 25 décembre... cagnard d'enfer sour le soleil de 13h...revenir à la gare, refaire la queue... Payer l'appoint et repartir avec ses 2 tickets. Ouf!

Rameshwaram:
On arrive à 8h du mat par le train de nuit. Impossible de trouver un hôtel. L'île est remplie de pélerins (au sens 1er du terme) venus se faire laver la tête par le représentant de Sree Devi. Ok... Mission: repartir de Ramesharam.
C'est comme une gare de village. 20 gus font la file. Pas de "Lady Queue" cette fois. Il fait chaud et on n'est de toute façon pas du genre à se coller au gars devant nous, on a bien compris que ça ne ferait pas aller le gars au guichet plus vite. Mais apparemment les gars de derrière, eux, n'ont pas encore compris! Ça pousse, ça bouscule, ça invective même! C'et notre tour. Des bras se tendent par dessus nos épaules pour tendre un billet de banque au guichetier. Non non! On n'a pas la pression! En plus du bruit, cet abruti n'articule pas et fait 0 effort. On se retrouve avec un billet absolument inutilisable puisque départ de l'île vers 17h (il est 10h du mat! aucun endroit pour stocker les sacs de voyage!) et la correspondance est impossible à prendre vu que le 1er train arrive après le départ du second! Ouais!!!)

Kochi
Après nos essais infructueux sur internet, on essaie un agent de voyages. 500 roupies de commission par tête de pipe! Ben Dame! On va nous même à la gare, qui sait... On n'a pas allumé de cierge mais on a une bonne étoile...
Il existe un quota "touriste". si vous n'êtes pas Indien, que tout est complet, vous avez peut être une chance de trouver un billet dans le quota des touristes!
ça a été le cas pour Kochi-Goa pour l'un des 2 tickets, l'autre en Taktal. Au guichet des renseignements (le 1er) la nana a quand même mis un petit 1/4 d'heure pour trouver la feinte (et elle connait les numéros de train par coeur, elle!).
On se pointe au 2nd guichet, avec notre petit formulaire rempli, pas de "Lady Queue" non plus. On doit recommencer avec un stylo bille, le crayon à papier, ils n'en veulent pas! (sainte Patience!!!!)

Supposons que vous n'ayiez toujours pas de billets...
Là il vaut mieux tomber sur un agent de voyage malin qui connaît quelqu'un dans la gare. Parce qu'apparemment moyennant baksheesh, il y a moyen d'en dégoter un... On n'a pas eu confirmation de cette information. Mais on a assisté à ce genre de pratiques: le billet glissé dans la main du policier fonctionne très bien. Alors dans la main du guichetier de l'Indian Railway...!

Les compagnons de voyage:

Des charmants, des bavards, des curieux et des gros porcs! on a tout eu!
Un gentil couple de retraités, adorables, très versés dans la religion, l'astrologie (comme tous les hindous d'ailleurs!) et la pressuponcture.

Dans le train où nous n'avions pas de place attitrée, ils ont fini à 8 sur des banquettes de 6. Mais ils étaient contents de faire la conversation avec nous! D'ailleurs celui de derrière, un peu frustré de ne pas pouvoir participer pleinement s'est joint à la conversation dès qu'il a pu. Comment va-t-on de Goa à Shimoga? On ne lui a pas posé la question à lui, mais il avait sa réponse. "Il faut aller à Konarak, il y a un temple magnifique là-bas!". Ben bien-sûr! c'est dans le Nord-Est alors qu'on est dans le Sud-Ouest! Il y a juste 3000 km... Quand on sait qu'il faut une journée pour en faire 300....!Comment vous dire ...on a terminé notre périple, là! Ça y est, l'Inde on termine. Pour un prochain voyage, peut-être...


Et puis il y a eu ce train mémorable entre Agra et Udaipur avec le papi qui monte au milieu de la nuit et qui passe le reste du trajet à flatuler! Bruyant mais surtout - malheureusement- odorant!
On a bien essayé de lui s'énerver pour lui dire de faire ça aux toilettes, il a fait mine de ne pas comprendre!
Ah le salopiaud!

Et puis celui de Madurai à Kanyakumari... on monte à bord à plus de 23h, un passager nous demande si on a réservé. "Pourquoi? Vous travaillez dans la compagnie des wagons lits???" (non mais on lui en pose des questions, nous!)
Tout est noir! 4 personnes dorment à terre dans le couloir. (L'autre rigolo a du oublier de leur demander à eux!)
Nos places sont prises, mais les gens bougent de suite. 2 de plus au sol! Il ne devait plus y avoir de Taktal!!!

Enfin il y a tous ceux qui circulent, changent de siège constamment, trimballent les valises d'un bout à l'autre du wagon, on ne sait pas pourquoi... C'est comme les Shadocks!

Les retards:

On a eu un train à l'heure.
Retard moyen: 1h
Communication : 0. Vous voyez le contrôleur 1 fois, 2 s'il y a une gare susceptible de faire descendre ET monter des passagers. Quant à savoir pourquoi on reste arrêtés 35 mn au milieu de nulle part ou à quelle heure on va FINALEMENT arriver à destination: oubliez!

Les conditions d'hygiène:

Des cafards...
Des papiers, des épluchures de cacahuettes, des bouteilles vides. Au début on pensait qu'il n'y avait pas de poubelles. Mais en fait, si... entre les wagons.
On a assisté à un lavage extérieur à Pondicherry. Donc on sait qu'il les lave. Sans ça, on n'aurait jamais deviné. D'ailleurs la différence avant - après ne nous a pas semblé flagrante!
On n'a pas assisté au lavage intérieur. On pense qu'il n'y en a pas.
Les toilettes: il y en a parfois à l'occidentale. Comme en France il est interdit de les utiliser lorsque le train est à l'arrêt en gare: mais en Inde ça n'arrête personne.
Le papier n'est pas optionnel, il n'y en a juste jamais! Il vaut mieux relever les bas de pantalons avant d'entrer.
Allumer un cierge pour ne pas avoir un siège à l'entrée du wagon (donc proche des toilettes) peut être une bonne idée.
Des chai wallah (vendeurs de thé ambulant ou de tout un tas de truc: pakora, samossa, cacahuettes, chips, café, soupe...) montent régulièrement à bord du train. Ils les attendent en gare et sont souvent une bien meilleure source d'information que les employés de la compagnie de train présents (PARFOIS) sur les quais et reconnaissables eux uniquement aux talkies. Ils ne portent pas d'uniforme pour qu'on ne les reconnaisse surtout pas!
Le chai wallah au moins, on le repère.... de loin! on l'entend pour être précis! Autant pour les infos, c'est un bon plan, autant pour s'alimenter, il vaut mieux s'en tenir aux sachets bien fermés! (Voilà...! On s'est compris!)
Les draps sont fournis dès la 3e classe AC. Mais il peut arriver (comme sur notre Kochi - Goa) qu'ils n'aient pas eu le temps de les changer depuis le trajet aller... On apprécie le sac à viande et les pashminas comme taie d'oreiller!
Dans les gares, notamment dans les bureaux des contrôleurs, chef de gare etc... des souris passent au nez et à la barbe de ceux ci. C'est mignon et pas bien méchant une souris!
Pas de wagon restaurant, ça évite les contrôles de l'inspection vétérinaire. (Enfin... à supposer que ça existe dans le pays!)

La sécurité
(Mis à part le gros danger lié au manque d'hygiène.)
Notre premier train était de Delhi à Amritsar. Les portes des wagons étaient grandes ouvertes. On peut s'asseoir les jambes dans le vide. C'est surtout impressionnant dans le train de Rameshwaram quand on arrive par le pont qui relie la péninsule indienne à la presqu'île. On pourrait plonger dans la mer depuis le train. Rien que pour ça, ça valait le coup d'y aller!
Les conducteurs de train conduisent comme ceux des rickshaws : une main sur le klaxon pendant que le pied écrase l'accélérateur. Sauf que la vitesse maxi des trains doit être de 60km/h...
Heureusement!
5 trains sont entrés en collision à hauteur de Mumbai pour le Nouvel An à cause du brouillard.
On pensait naïvement que -comme en France- le trafic était régulé par ordinateur, pas qu'ils conduisaient à vue et que le brouillard pouvait être un facteur de risque....
Les boites électriques sont dans des placards vitrés entre les compartiments. S'il y a eu des verrous, il n'y en a plus. Mais heureusement, personne n'a eu l'idée de mettre les mains dedans. En tout cas pas quand on était à bord!
On cherche toujours le frein d'urgence!
Enfin... même les flics aident les gens à monter par les fenêtres du train depuis le quai. On a la photo!



Qu'est-ce qu'on a aimé?

1) On y voyage nettement mieux que dans les bus! (mais il faut qu'on s'en remette avant de pouvoir vous en parler! rires)
2) Finalement arriver à 4h du mat, ça peut avoir du bon. Si vous tombez sur un hôtel qui joue le jeu et a une chambre où vous pouvez vous poser dès l'arrivée! Du coup vous avez une fin de nuit et une vraie pleine journée sur place.
3) Les voyageurs. Ils sont parfois un peu pénibles, majoritairement très curieux mais unanimement gentils, sociables, arrangeants, cordiaux et amicaux.
4) Le listing semi imprimé, semi manuel accroché à côté de la porte d'entrée du wagon pour savoir si c'est celui dans lequel vous êtes. Il est arrivé qu'on remonte tout un quai comme ça à la recherche de nos noms... mais quand vous le voyez enfin, vous êtes si heureux que vous ne pouvez que les aimer!
5) pouvoir voyager allongé même en plein jour (ça soulage drôlement le dos!)
6) dégoter LE billet apparemment introuvable. C'est une vraie sensation de victoire après un effort surhumain! La satisfaction qu'on en retire est ÉNORME!
7) L'organisation et la communication incroyablement efficaces de la SNCF. (On ose le dire!)

13.12.09

L'Arti d'Haridwar

Impossible de quitter la gentille famille de Jaspreet et notre week end à la ferme sans assister à l'immanquable à Haridwar, l'ARTI.
C'est une cérémonie quotidienne sur le Gange au crépuscule. Les hindus honorent le Gange en mettant à l'eau des petites coupelles en feuilles séchées remplies de fleurs, d'encens et de bougies allumées.
On a un peu trainé avec Jaspreet et "10:15" (le surnom de son pote toujours en retard) dans les temples qu'on a finalement visités dans la journée... Du coup on risque notre vie une 100aine de fois sur la route mais Jaspreet tient à ce que nous puissions assister à la cérémonie. Nous aussi! Vivants ce serait mieux mais bon... au pire on n'est plus très loin de Varanasi (c'est là qu'il faut être brulés après sa mort!)
On se gare.
10:15 reste dans la voiture... pour surveiller les bagages.... Mouaich! ça donne le ton du truc!
On part juste avec Jaspreet. Il nous achète 2 coupelles de fleurs.
On arrive sur le Ghat, on se fait sauter dessus comme si nous étions des profanes: vous devez enlever vos chaussures! Ah.. ok!
Par ici! Face à la statue... bon
attention sur les marches, ça glisse!
En effet, c'est même vaseux! Super les orteils dans ce truc!

On s'accroupit et le gars commence à annôner des trucs. Laurette se dit que c'est la prière qui accompagne la cérémonie. Elle fait même l'effort de répéter de façon plus qu'approximative l'Hindi qu'elle ne comprend pas.

A un moment quelques mots en anglais: Name?
-Laure? (c'est ça sa question?)
...blablabla...
"How much?
- how much quoi?Jaspreet...?!
-Two hundreds, three hundreds?
- two hundreds what? Jaspreet...? (c'est bien le moment de faire la causette... il ne m'entend pas du coup!)
Le gars répète comme pour ramener mon attention:
- how much? 200? 300?
- 200 what? Je comprends rien à ce que tu racontes!
Jaspreet intervient... il est temps!

On termine l'espèce de cérémonie.... Paulux est en train de mettre son petit radeau à l'eau aussi. Il a dégagé les alentours et fait ça tout seul comme un grand lui!
Au moment de partir, chaussures remises aux pieds, Jaspreet nous fait sortir 10 roupies pour donner au gars qui m'a accompagnée pour la cérémonie.
Visiblement offusqué, l'autre lui parle de 200. Jaspreet reprend les 10 roupies et reprend la route pour clôre la discussion. Là, ça commence à chauffer d'autant qu'ils sont quand même 5 ou 6 à quelques pas. Qu'à cela ne tienne, Jaspreet fonce droit sur celui qui semble être le chef de bande et en Hindi, mais Paulux s'est chargé des sous-titres, lui a tenu à peu près les propos suivants: " C'est quoi ton truc? c'est un peu facile votre combine, vous harponnez les gens, vous parlez dans une langue qu'ils ne comprennent pas et vous mettez la pression en sortant des montants, ils ne savent même pas de quoi il est question. Moi aussi je peux te faire un 200? 300? Je le connais vos trucs... non elle a rien dit... et j'avais dit à ton gars au début qu'on donnerait pas d'argent! (là c'est Jaspreet qui a éclairé la traduction!) "
Bref on s'est barrés sans rien payer! Sur les talons de Jaspreet et franchement, seuls sur la ghat avec les 5 ou 6 gus ... presque pas d'éclairage... on ne sait pas comment on aurait réagi...

On a maintenu le score, mais c'est grâce à Jaspreet!

Arnaque à la carte

*Un petit resto sympa conseillé par le 1er ami de Raj, dans Amritsar.
On a bien mangé c'est vrai, mais c'est cher et surtout on n'y sert pas que de la gastronomie indienne: le serveur en nous apportant l'addition nous chuchote (comme si ce n'était pas déjà assez difficile de le comprendre!) que le service n'est pas inclus.
Tiens? L'Inde fonctionne comme le Canada? Ce truc nous a traumatisé à Montréal au début ("Combien on laisse? Dans quel cas, c'est juste au resto ou les taxis aussi...?") alors pas question pour nous de confondre service et pourboire.
Combien on laisse ? (c'est reparti!) 10%? Sur une addition déjà salée, ça fait un gros montant.... On lui demande? Ben non! En plus on a peu de change comme par hasard.
Référons nous à notre bible, en l'occurence le Rough Guide India (eh non! pas le Lonely Planet!) Rien dans le chapitre restauration sur le service non inclus en Inde... On ne se rappelle pas non plus avoir vu sur la carte une mention relative au service. La note manuscrite dans un joli porte notes en cuir et la présence insistante du serveur commence en plus à nous faire douter... on est en Inde quand même...Lui demander la carte pour vérifier s'il y a une mention sur le service c'est ouvrir potentiellement une discussion qu'on n'a pas envie d'avoir pour ne pas - entre autre- le mettre mal à l'aise en mettant en doute sa parole.
On va commencer par payer la note, évidemment le change qui revient est en coupures trop importantes pour un simple pourboire qui est normalement de l'ordre de 15 à 20 roupies et 100 roupies même si c'est une petite somme en euro (diviser par 70 environ) c'est énorme pour l'Inde et pour notre budget dans ce pays! Et puis on n'est pas des cash machine ni des distributeurs ATM! On décide de la jouer au bluff en constatant en plus que le serveur reste présent avec insistance maintenant et laissons un pourboire de 20 roupies (le prix d'un coca) en se disant que si vraiment c'est le service qui n'est pas compris, on le saura très vite.
Ah il tire la tronche Arthur, ça c'est sûr!
On vérifie la carte à la sortie, pas de mention sur le service.
On a vérifié depuis ... et c'est confirmé.... on a échappé à notre deuxième arnaque!

Nous :2 - les arnaqueurs indiens: 0

Arnaques " A l'attaque!"

Nous sommes depuis moins de 12h sur le sol indien et livrés à nous même (sans l'assistance d'amis d'amis...) depuis une heure....
6h30 ce 2 Decembre, nous nous dirigeons vers la gare où la ferveur populaire est déjà forte pour prendre le train d'Amritsar de 7h20.
A l'entrée du quai, quelqu'un nous arrête comme le couple précédent pour le contrôle des tickets et nous annonce à la vue du nôtre que nous n'avons pas imprimé le ticket mais juste un récapitulatif de voyage. Il nous indique donc d'aller sur le champ faire imprimer le ticket électronique et nous indique où il est possible de le faire gratutiement. (On pose la question!) Il pointe en direction d'un bâtiment en face de la gare. Devant notre hésitation, il se propose même de nous accompagner.
Sacs à dos sur le dos, réveillée du pied gauche (sans eau chaude et après la 1ere nuit qu'on a passé on peut comprendre) Laure ronchonne qu'on va finir par râter le train, qu'il y a un bureau de tourisme juste à côté, qu'il est inutile de sortir de la gare, mais où est-ce qu'il nous emmène et qu'elle n'a pas confiance.
Nous voilà en dehors de la gare au pied d'une agence de voyages ornée d'un immense panneau "Tourist Information". Là, un homme derrière un ordinateur connecté à Internet nous demande notre "billet" et nos passeports afin de procéder à l'impression des vrais tickets. Et là se passe un instant pendant lequel Paul finit par entendre la remarque formulée plus tôt par Laure dans la rue: "c'est quand même bizarre de sortir de la gare et de nous accompagner comme ça!". Assailli par le doute, il jette un oeil sur l'écran et constatant que le gars recommence une réservation depuis le début sur le site de la compagnie ferroviaire, lui demande des explications. Avec un aplomb incroyable qui pour le coup aurait fait flêchir Laurette, on lui répond "Si vous ne me faites pas confiance, vous pouvez sortir tout de suite!". (genre vous vous débrouillerez sans vos billets imprimés. Ni une, ni deux, Paul arrache nos documents des mains du loustic et sort alors que Laure tente de le calmer en se disant que pour le coup on ne va peut-être pas partir sans billet imprimé. "C'est trop tard, à psychoter comme ça tu m'as fais douter, on verra ... je sais pas! Retournons là bas, on verra bien".
On a toujours l'option de l'autre bureau de touriste, celui qui a l'air intégré à la gare... au pire... 6h55, il ne s'agirait pas de louper le train, dire qu'on trouvait qu'ils poussaient un peu les copains indiens en nous conseillant de partir 1h15 avant alors que la gare était à 5mn à pieds....
De retour dans la gare, plus de contrôleur à l'entrée du quai... allez, essayons! En montant à bord du train on n'est toujours pas sereins, notre mail imprimé qui ne ressemble à rien n'aide pas à nous rassurer et puis à 6h30 du mat, une arnaque comme ça alors qu'on est les seuls occidentaux...(enfin on croit).
Le contrôleur a validé notre "mail" sans broncher au moment de la vérification des tickets.
Quelques jours plus tard, nous apprendrons qu'en Inde, il n'y a jamais de contrôleur en gare...
Ah les loustics!! ça commence bien!

On peut être militaire et avoir le sens de l'autodérision...enfin... peut-être!

Personne n'a jamais dit que c'était incompatible... mais c'est quand même suffisamment rare pour être remarqué. Quand en plus, les militaires de deux pays frontaliers en font un jeu, transforme un rituel militaire en spectacle comique.... il faut vraiment le raconter!

Vous pouvez vous rendre de l'Inde au Pakistan par la route. La frontière Indo- Pakistanaise est matérialisée à Attari depuis la Partition en 1947 par deux grands portails de fer (Un côté pakistanais, un côté Indien) qui s'ouvrent et se ferment tous les jours. Et tous les soirs, à la fermeture des portes, se déroule un spectacle de cirque. Celui des Augustes qui crient 'Bonjour les petits nenfants!' Celui des chaussures taille 78 et des grands pas, des cheveux bleus et des nez rouges, des vestes à carreaux et des fleurs en plastique qui vous arrosent. Ça fait surtout rire les enfants.... mais quand les enfants sont trop grands pour continuer à rire des Augustes, ils se rendent par milliers.... vers le nord ouest de l'Inde pour les Indiens... vers le sud est du Pakistan pour les Pakistanais.... à la frontière la plus fun de la planète pour assister au véritable show qu'organisent les gardes frontaliers.
Remplacez les cheveux bleus et les nez rouges par des grosses moustaches et des casques à éventail rouge, les fleurs en plastique par des fusils qui ne tirent pas, les "bonjour les petits nenfants" par une espèce de long cri qui a pour but de durer plus longtemps que celui du voisin....oubliez les pointures 78 mais imaginez des pas encore plus grands, avec le pied encore plus haut... plus haut que ça... non, non vraiment plus haut!...voilà!!! ...Ah oui, c'est ridicule! ...Si, si ils font vraiment ça!!! Et ils prennent des poses même! Façon Rambo! devant les gardes frontaliers de la partie adverse.


On a pris ça pour de l'auto-dérision et on a adoré... mais avec un peu plus de connaissance de l'histoire du pays, on sait l'antipathie qui règne entre les deux pays et cette mini guerre quotidienne est hélas bien à prendre au 1er degré